Test de Tormented Souls 2 : le survival horror old school revient sur PS5

Dual Effect refuse la voie de l’action pour son survival horror. Le studio chilien impose une grammaire de jeu qui semblait oubliée, celle des caméras fixes, des ressources comptées et d’une tension permanente. Ce parti pris radical explique la divergence entre des critiques professionnelles qui notent une formule datée et des lecteurs qui crient au chef-d’œuvre avec une moyenne de 18.2/20.
Mon test de Tormented Souls 2 décortique cet hommage vibrant aux classiques du genre. J’analyse comment, avec un budget modeste et un prix de vente autour de 30€, cette suite parvient non seulement à corriger les défauts du premier opus, mais surtout à proposer une des expériences d’horreur les plus pures de ces dernières années.
Tormented Souls 2 : un retour aux sources horrifiques salué par les fans
| Information / Détail | Valeur |
| Développeur | Dual Effect (Chili) |
| Éditeur | PQube / Maximum Entertainment (physique) |
| Date de sortie | 23 octobre 2025 |
| Plateformes de test | PC, PS5 |
| Plateformes disponibles | PS5, Xbox Series X/S, PC (Steam, Epic, GOG), Steam Deck |
| Genre | Survival Horror, Action, Aventure, Casse-tête, Exploration, Narratif, Survie |
| Prix (Europe) | 29,99€ – 35€ |
| Prix (Canada) | 39,99$ CAD |
| Prix (États-Unis) | 29,99$ USD |
| Classement PEGI | 18 (ESRB M) |
| Durée de vie estimée | 15 à 20 heures (difficulté standard) |
| Note moyenne lecteurs (JV.com) | 18.2/20 (sur 5 notes) |
| Note critique (Geeks and Com’) | 8.5/10 |
| Note critique (JSUG.com) | 7.5/10 |
| Note critique (GamingBolt) | GREAT |
| Note critique (Game8) | 84/100 |
Pourquoi ce test est fait pour vous
Si vous cherchez un simple défouloir, passez votre chemin. Cet avis sur Tormented Souls 2 s’adresse aux puristes, à ceux qui regrettent l’orientation action des Resident Evil modernes et l’absence de Silent Hill. Il est aussi pour ceux qui ont trouvé le premier opus prometteur mais imparfait et qui se demandent si cette suite tient ses promesses.
Un scénario tordu au cœur de l’effroi chilien

L’histoire reprend après les événements de l’hôpital Wildberger. Caroline Walker tente de mener une vie normale avec sa sœur jumelle, Anna. Mais cette dernière est assaillie de visions cauchemardesques qui commencent à se matérialiser dans la réalité.
Pour la sauver, Caroline l’emmène dans un couvent isolé au Chili, dans la ville de Villa Hess, dirigé par une certaine Mère Lucia. Le lieu se révèle rapidement être le centre d’un culte et Anna est kidnappée. Le scénario, bien que classique, est efficace et sert de prétexte à une exploration angoissante.
Voyage entre dimensions et passé
Le jeu reprend des mécaniques narratives du premier opus. Caroline peut traverser des miroirs pour accéder à un outre-monde infernal, une version alternative des lieux à la Silent Hill. Elle peut aussi utiliser des projecteurs ou des vidéos pour voyager dans le passé.
Ces voyages ne sont pas anecdotiques. Ils sont au cœur de la résolution des énigmes. Modifier un élément dans le passé aura une conséquence directe sur le présent, débloquant un passage ou révélant un objet clé. Il n’est pas obligatoire d’avoir fait le premier jeu pour comprendre, mais c’est un plus indéniable.
Test de Tormented Souls 2 : la recette « old school » réinventée avec brio
Le gameplay est la pierre angulaire de l’expérience. Dual Effect ne se contente pas de copier les anciens, il en sublime la formule avec des ajustements intelligents qui rendent l’ensemble plus digeste pour un public moderne, sans jamais trahir l’esprit d’origine.
Caméras fixes et tank controls : un choix assumé
Les caméras fixes sont de retour, et elles sont magistralement utilisées. Chaque angle est pensé pour créer de l’angoisse, pour jouer avec le hors-champ et pour vous faire craindre ce qui se cache au détour du prochain couloir. La rigidité des tank controls est un choix de design délibéré, pas un défaut.
Cette lourdeur volontaire empêche toute fuite désordonnée et force une approche tactique. Contrairement aux jeux des années 90, cette critique de Tormented Souls 2 souligne des améliorations bienvenues : l’inventaire est plus dynamique, et des raccourcis permettent de switcher rapidement entre l’arme et le briquet, fluidifiant l’action.
Gestion de la lumière et de l’inventaire
L’obscurité est un ennemi à part entière. Si Caroline reste trop longtemps dans le noir, elle est « consumée » et meurt. Vous devez constamment jongler avec une source de lumière, que ce soit un briquet ou une lampe torche.
Le dilemme est permanent : impossible de tenir son arme et sa source de lumière en même temps. Il faut donc attirer les créatures dans des zones éclairées ou allumer des bougies pour créer des refuges temporaires. L’inventaire est illimité, mais les munitions et les objets de soin sont extrêmement rares, ce qui vous pousse souvent à fuir plutôt qu’à combattre.
Des énigmes et un level design brillants
Le véritable point fort du jeu réside dans ses énigmes. Elles sont complexes, logiques et parfaitement intégrées à l’environnement. Oubliez les puzzles déconnectés, ici, chaque document trouvé, chaque détail du décor est un indice potentiel.
Le level design est une franche réussite. Si le premier opus se cantonnait à un seul lieu, cette suite explose les murs. Vous explorerez le couvent, un cimetière, une usine, une école et même un centre commercial, chaque zone possédant sa propre identité visuelle et ses propres mécaniques. Le backtracking est intelligent, avec de nombreux raccourcis à débloquer.
Une ambiance visuelle et sonore au service de la peur
Pour un jeu indépendant, la réalisation est impressionnante. Les décors fixes sont détaillés, les jeux de lumière sont maîtrisés et l’ambiance gothique est palpable. La direction artistique compense largement des animations faciales parfois un peu rigides.
Le sound design est exceptionnel. Le jeu utilise le silence à bon escient, ponctué de craquements, de bruits lointains et de la respiration angoissée de Caroline. La musique, discrète, ne se déclenche que pour souligner les moments de tension.
Performance et bugs
Sur PC (testé avec un Ryzen 7 7800X3D et une RX 7800 XT), le jeu tourne à 60 FPS constants en 2560×1440 avec les réglages au maximum. L’expérience est fluide et stable.
Certains retours sur les versions consoles, notamment Xbox Series X/S, font état de quelques bugs mineurs : personnage invisible durant une cinématique, blocages dans le décor ou problèmes de reconnaissance des inputs pour l’esquive. Ces soucis semblent cependant rares et devraient être corrigés par des patchs.
Une expérience rejouable pour les plus courageux
La durée de vie de Tormented Souls 2 se situe entre 15 et 20 heures en difficulté standard, ce qui est très généreux pour le genre et le prix. Le jeu propose une bonne rejouabilité grâce à ses différents modes de difficulté et ses deux fins distinctes.
Modes de difficulté
Le jeu offre une accessibilité appréciable :
- Assistance : Pour ceux qui veulent profiter de l’histoire. Les sauvegardes sont automatiques à chaque nouvelle pièce, les ennemis sont plus faibles et les munitions plus abondantes.
- Standard : L’expérience voulue par les développeurs. Les sauvegardes sont limitées et nécessitent des bandes magnétiques à utiliser sur des enregistreurs spécifiques.
- Tourment : Un mode hardcore débloqué après avoir terminé le jeu une première fois, pour une tension maximale.
Tormented Souls 2 : un incontournable pour les puristes
Cette suite est une réussite sur tous les plans. Elle ne révolutionne rien, mais elle exécute sa proposition avec une maîtrise et une passion qui forcent le respect. Le studio Dual Effect prouve qu’il n’est pas nécessaire d’avoir un budget AAA pour créer un grand jeu d’horreur.
Recommandation
Je le recommande sans la moindre hésitation aux amateurs de survival horror à l’ancienne. Le test de Tormented Souls 2 confirme une chose : c’est une pépite qui s’assume pleinement, un hommage vibrant et intelligent aux maîtres du genre. Ses quelques rigidités ne sont pas des défauts, mais les piliers d’une expérience authentique.
Pour un prix avoisinant les 30€, vous avez un jeu généreux, intelligent et terrifiant. Il ne se contente pas de combler un vide sur le marché, il s’impose comme une nouvelle référence pour l’horreur indépendante.