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Test de Ninja Gaiden 4 : notre avis complet sur le retour controversé

Test de Ninja Gaiden 4

Le retour de Ninja Gaiden ne se fait pas dans la soie, mais dans le sang et la controverse. Co-développé par PlatinumGames et Team Ninja, ce quatrième opus débarque avec la lourde tâche de raviver une flamme sacrée du hack « n » slash. Le résultat est une bête à deux têtes : un système de combat d’une pureté chirurgicale, et une structure de jeu qui semble avoir une décennie de retard. Mon test de Ninja Gaiden 4 décortique une expérience aussi grisante que frustrante.

Il divise profondément, et je comprends pourquoi. D’un côté, la fulgurance des lames. De l’autre, le poids des chaînes d’un design archaïque.

Développeur PlatinumGames, Team Ninja
Éditeur Xbox Game Studios, Koei Tecmo
Plateformes PC, PlayStation 5, Xbox Series X|S
Date de sortie 20-21 octobre 2025
Genre Action, Hack « n » slash, Aventure
Taille du jeu (Xbox Series X) 42,37 Go
Prix de lancement constaté 69,99 € (prix fort 70-80€)
Personnage principal Yakumo
Personnage secondaire jouable Ryu Hayabusa
Nombre d’armes de Yakumo 4 (+1 secrète)
Durée de vie (mode Normal) 10-20 heures (selon les sources)
Performance (Xbox Series X) Fluidité supérieure à 60 FPS
Performance (Xbox Rog Ally X) Plus de 50 FPS en 1080p (FSR équilibré)
Note moyenne lecteurs JV.com 12.5/20
Note Playerone.tv 12/20
Note Gamekyo 8/10
Note Game Informer 8.75/10
Note PC Gamer 69/100

Un gameplay tranchant et dynamique : la force du jeu

Le salut de Ninja Gaiden 4 repose entièrement sur son gameplay. C’est le cœur du réacteur, une machine de guerre parfaitement huilée qui justifie à elle seule de s’intéresser au titre. La fusion entre l’ADN de Team Ninja et le style de PlatinumGames produit des étincelles.

Yakumo, le nouveau visage de la fureur ninja

Le nouveau protagoniste, Yakumo, est un membre du Clan du Corbeau. Oubliez les héros bavards et agaçants. Il est froid, laconique, et ne s’exprime que par la violence de ses coups. J’apprécie ce parti pris qui tranche avec les standards actuels.

Son arsenal est une réussite. Vous débloquez progressivement quatre armes distinctes, chacune offrant un style de jeu radicalement différent :

  • Takeminakata : une paire de katanas rapides, parfaits pour le contrôle de foule.
  • Yatousen : une lance japonaise (rapier) qui excelle à distance.
  • Magatsuhi : un marteau colossal, dévastateur en attaques aériennes.
  • Kage-Hiruko : un couteau géant aussi efficace au contact qu’à distance.

Le système de combat est nerveux, gore à souhait et d’une technicité jouissive. La forme Bloodraven, qui brise les gardes, et le mode « Carnage » qui nettoie l’écran, ajoutent des couches stratégiques indispensables. Chaque impact est ressenti, on ne tape jamais dans le vide.

Des mécaniques de combat revisitées et modernes

PlatinumGames impose sa patte avec un système de parades, blocages et contre-attaques extrêmement complet. L’arbre de compétences est vaste et permet de personnaliser les combos en profondeur. La réactivité est totale, et le jeu tourne à plus de 60 FPS constants sur Xbox Series X, sans le moindre ralentissement.

Le titre introduit aussi de nouvelles mécaniques de traversée. Grappin, wingsuit, et même des phases de surf dynamisent les transitions entre les combats. Ces ajouts, bien que parfois sous-exploités, apportent une verticalité bienvenue et rompent la monotonie.

Mon avis sur le test de Ninja Gaiden 4 : entre génie et frustration, les points qui divisent

Si le combat est une réussite incontestable, tout le reste est sujet à débat. Le jeu souffre de défauts structurels majeurs qui l’empêchent d’atteindre l’excellence. La communauté est scindée, et chaque camp a des arguments valables.

Le level design : le « syndrome du couloir moderne »

C’est le point noir principal, un défaut qui pèse lourdement sur l’expérience. Ninja Gaiden 4 est un couloir interminable. Les 19 chapitres se résument à avancer dans des environnements étroits, tuer des vagues d’ennemis dans une arène qui se verrouille, puis continuer.

Cette structure, qualifiée de « syndrome du couloir moderne » par certains, anéantit toute notion d’exploration et de surprise. On ne traverse plus un monde, on nettoie des zones. La peinture jaune omniprésente pour indiquer le chemin est une insulte à l’intelligence, un aveu de la pauvreté du level design. On est loin de la construction semi-ouverte du premier Ninja Gaiden sur Xbox.

La difficulté : un équilibre précaire et des avis contradictoires

L’équilibrage de la difficulté est totalement raté. Le mode Facile est une promenade de santé qui dénature le jeu. Le mode Normal, lui, correspond à un mode Difficile dans la plupart des autres productions, offrant un challenge bien dosé.

C’est dans les modes supérieurs que le bât blesse. Plutôt que d’offrir des ennemis plus intelligents, le jeu se contente de multiplier leur nombre à l’écran. Les modes Difficile et Maître Ninja deviennent des foires d’empoigne illisibles où les attaques fusent sans répit. Certains vétérans jugent même le mode Maître Ninja décevant et plus facile que celui des anciens opus, une hérésie pour les puristes.

Graphismes, scénario et personnages : les faiblesses techniques et narratives

Techniquement, le jeu accuse son âge. Les graphismes sont souvent comparés à ceux d’une production de l’ère PS3. Les environnements de Tokyo sous la pluie sont monotones, les animations rigides et les visages des personnages lisses et inexpressifs.

Le scénario est un prétexte, avec des dialogues interminables et des cinématiques qui cassent le rythme effréné du gameplay. Le charisme de Yakumo divise : certains apprécient son côté stoïque, d’autres le trouvent creux, un simple « edgelord« .

Mais la plus grande déception vient du traitement de Ryu Hayabusa. Son rôle est anecdotique, réduit à quelques missions qui recyclent les niveaux de Yakumo. Pire, il ne dispose que d’une seule arme, un affront pour les fans habitués à son arsenal varié.

Verdict et recommandations : faut-il craquer pour Ninja Gaiden 4 ?

Ninja Gaiden 4 est un jeu paradoxal. Son gameplay est une pure merveille, un concentré d’action qui procure des sensations rares. Mais cette excellence est desservie par un enrobage daté, un level design paresseux et des choix de conception frustrants.

Les notes des critiques et des joueurs reflètent cette dualité, oscillant entre le génie et la déception. La performance technique est cependant irréprochable, avec une fluidité parfaite sur consoles de salon et même sur Xbox Rog Ally X, où le jeu tourne à plus de 50 FPS en 1080p.

Le principal obstacle reste son prix. Vendu entre 70 et 80€ au lancement pour une réalisation technique aussi inégale, l’achat à l’aveugle est un risque. Je ne peux que vous conseiller de l’essayer via le Ninja Gaiden 4 Game Pass avant de prendre une décision.

Ce jeu est une relique. Il incarne à la fois la quintessence du beat ’em all exigeant et les pires travers d’un game design d’un autre temps. Pour les acharnés du genre qui ne jurent que par la pureté du combat, l’expérience sera addictive. Pour les autres, la frustration pourrait rapidement l’emporter. Mon test de Ninja Gaiden 4 se conclut sur un avertissement : approchez-le pour son cœur mécanique exceptionnel, mais soyez prêts à tolérer ses nombreuses imperfections.

Willy
Écrit par Willy

Passionné de jeux vidéo depuis toujours, je décortique les plus grands titres à travers des dossiers de fond et des guides détaillés. Mon objectif est de partager mon regard sur le jeu vidéo, un média riche en sens et en émotions, en explorant aussi bien la complexité des mécaniques de gameplay que la profondeur des récits qui nous marquent.